> Accueil > La Conf LR défend... > l’autonomie alimentaire des élevages

Les animaux européens sont le plus souvent nourris de produits importés. Actuellement, la quasi-totalité de ces importations européennes proviennent de quatre pays, par ailleurs importants producteurs de maïs et de soja OGM : Etats-Unis, Brésil, Argentine et Chine.

Cette dépendance est avant tout le résultat d’une « spécialisation géographique » organisée entre Etats-Unis et Union Européenne dès 1962 (Dillon Round) : accord des Etats-Unis pour la mise en place de la PAC et de son appui massif aux productions céréalières ; en contrepartie, pas de préférence communautaire (faibles droits de douane) sur les Produits de Substitution aux Céréales et sur le Soja qui purent ainsi entrer sur le marché européen à très faible coût.

Le couple maïs (glucides) / soja (protéines) s’est alors imposé comme le standard unisersel de l’alimentation animale. Moins coûteux et plus facile à gérer techniquement que ses alternatives (blé/pois en Europe) il a facilité le développement des systèmes d’élevage intensifs, hors sol, souvent situés près des ports (Bretagne, Pays-Bas), fortement intégrés au complexe agro-industriel de production et de commercialisation d’aliments de bétail.

La région Languedoc-Roussillon ne semble pas être parmi les régions les plus dépendantes de l’importation d’aliments même si peu de chiffres sont disponibles sur ce point. Sauf pour les zones montagneuses, l’élevage n’y est en effet pas la production dominante et s’est développé sur un modèle plus extensif que dans d’autres régions. Pourtant, les effets d’une hausse des coûts des aliments pour bétail commencent à peser fortement sur les revenus des exploitants. Autre effet très concret et très actuel de cette dépendance : la difficulté croissante des éleveurs – y compris des éleveurs de la région- à se procurer des produits garantis non-ogm pour l’alimentation de leur bétail... ce qui pourrait à terme être problématique pour des filières régionales qui mettent en avant la qualité et « l’authenticité » de leurs produits.

A partir de mi-2008, un travail sera initié en région (étude + groupe de travail paysans / chercheurs / filières) avec l’objectif d’aboutir rapidement à des propositions concrètes pour la mise en place d’une politique régionale d’appui au renforcement de l’autonomie alimentaire des élevages.

Alimentation animale en Languedoc-Roussillon : une autonomie à retrouver ?
Envoyé le mardi 30 juin 2009
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